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Note sur le sommet internationaliste du « Plan B »

par Déniz BOZKURT 25 Janvier 2016, 20:16 Politique nationale

Note sur le sommet internationaliste du « Plan B »

il faut désormais construire un plan stratégique opérationnel de démantèlement assumé

Déniz Bozkurt

Le 23 et 24 Janvier a eu lieu à Paris le sommet internationaliste du « Plan B », des mots de Jean-Luc Mélenchon celui-ci a été « l'espace réellement commun, totalement ouvert à toutes les hypothèses, toutes les contributions, pour tirer l'Europe de l'impasse dans laquelle elle est en train de s'enfermer». Le qualifiant même « d’acte historique ». 

 

Cela a en effet été un bel exercice de débat, discussion et de partage mais en tant que jeune démocrate ce n’est pas ce que j’attendais en premier lieu d’un tel sommet. La reddition idéologique de l’authentique gauche nous a depuis bien trop longtemps laissé dépourvu face à cet ordre néo-libéral incarné par les institutions européennes. Aujourd’hui, cette situation condamne fatalement les moins crédules à l’inanité et les moins réfractaires à céder au discours opportuniste du Front National, il est plus que temps que cela change. Je constate que l’inaudibilité des partisans d’un « Plan B » persiste. La réussite d’un tel projet présuppose avant tout une clarification absolument essentielle quant aux objectifs inconditionnels à atteindre, et surtout la question de la possibilité de leur mise en place effective à l’image de la mise en place d’une véritable campagne guerrière.

 

L’objectif inconditionnel crucial et historique par excellence est la ré instauration d’une démocratie pleine et entière, c’est à dire d’un système qui garantirait avant tout le respect de l’expression souveraine et populaire. Pour cela, une dé-constitutionnalisation intégrale des questions de politiques économiques qui ont été ôtées du périmètre de la délibération souveraine, s’impose. Cela constitue la difficulté insurmontable qui devrait faire prendre conscience aux illusionnistes en tout genre qu’il est temps de mettre de coté leurs talents imaginatifs hors-pairs. Jamais des questions telles que le plafonnement des déficits publics, leur financement par une dose de monétisation,  l’ajustement des créances, l’indépendance de la BCE, la mise en place d’une monnaie commune ne reviendront dans le cadre d’une délibération européenne ordinaire. Les peuples européens ne constituent pas une communauté politique, les institutions technocratiques illégitimes le savent et ne l’ont jamais voulus, c’est pourquoi ils tentent de combler ce déficit endémique de la construction européenne par des dérives totalitaires inacceptables. C’est dans ces conditions que le retour à un cadre national est nécessaire et souhaitable dans un horizon temporel raisonnable pour garantir le fondement même de la démocratie, c’est à dire, accorder à l’expression souveraine populaire son droit élémentaire : la possibilité de débattre de tout et en tout temps. 

 

La construction d’un éventuel rapport de force ne mènera à rien si ce n’est à diluer les forces progressistes, il faut désormais construire un plan stratégique opérationnel de démantèlement assumé tout en ayant conscience que le destin européen ne se résume pas qu’à une marchandisation tous azimuts. C’est ce qui manque aujourd’hui à l’initiative du « Plan B », le temps presse et les espérances ne sont pas inépuisables. Comme le dit Jacques Généreux, la question n’est donc pas de savoir « quand mais comment nous allons sortir de l’euro ». 

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